L’intimidation homophobe

Tu aimerais parler d’intimidation à quelqu’un? L’intimidation homophobe comprend des comportements d’intimidation motivés par un préjugé contre l’orientation ou l’identité sexuelle réelle ou perçue d’une personne. Il n’est pas nécessaire de faire partie d’une minorité sexuelle pour devenir une cible. Par exemple, bien que les expressions comme « c’est tellement « gai » puissent sembler anodines, elles contribuent tout de même au développement d’un milieu négatif ou hostile envers les minorités sexuelles. Elles servent aussi à cantonner les gens dans une « catégorie sexuelle » en renforçant les stéréotypes associés au fait d’être un homme ou une femme. Trop souvent, l’homophobie devient le langage de l’intimidation qui cible n’importe quelle personne perçue comme étant différente ou ne correspondant pas à la « norme ». Les insultes homophobes et la violence faite aux gais sont des actes d’intimidation qui ont un thème. Les intimidateurs qui se cachent derrière des opinions et des attitudes homophobes demeurent des intimidateurs. De fait, la justice pourrait considérer l’intimidation homophobe comme un incident motivé par la haine – ce qui constitue un acte illégal.

Les effets de l’intimidation

Selon plusieurs auteurs , l’intimidation ne commence ni ne finit à l’école. Ce comportement persiste en dehors de l’école, et ce, en raison d’un manque d’interventions appropriées. Les effets de l’intimidation peuvent se prolonger sur une longue période de temps, et ce, autant pour les intimidateurs que pour leurs victimes . De plus, on associe l’intimidation pendant l’enfance à un comportement antisocial dans le futur et à l’activité criminelle à l’adolescence et à l’âge adulte. On précise que les torts psychologiques causés autant aux victimes, qu’aux intimidateurs, qu’aux témoins de l’intimidation, peuvent durer jusqu’à l’âge adulte, et ce, sous forme de problèmes d’extériorisation, de tendance à l’agressivité et de dépression.

Qui est victime de l’intimidation homophobe?

L’intimidation homophobe peut toucher n’importe qui, et elle peut cibler les personnes qui :

  • s’identifient comme n’étant pas hétérosexuelles;
  • sont perçues comme n’étant pas hétérosexuelles;
  • ne se conforment pas aux normes ni aux stéréotypes sexuels conventionnels;
  • ont des parents ou des parents-substituts du même sexe;
  • sont des professeurs, des parents, des entraineurs ou des membres de la communauté qui ne sont pas hétérosexuels.

Si tu deviens la cible d’actes d’intimidation homophobe, il est possible que tu te sentes :

  • seul;
  • gêné ou que tu aies honte;
  • déprimé et incertain à propos de toi-même et de l’avenir;
  • en colère et que tu veuilles inverser les rôles afin de devenir toi-même un intimidateur;
  • en danger à l’école ou dans ta communauté;
  • stressé et que tu penses souvent à ne pas aller à l’école ou participer à des activités afin d’éviter les intimidateurs;
  • isolé et désireux de te retirer de toute activité sociale et de te cacher;
  • Il est tout à fait normal que tu te sentes ainsi, mais n’oublie pas que tu peux toujours aller chercher de l’aide.

Le langage homophobe est la forme d’intimidation verbale la plus répandue dans les écoles. Pourtant, c’est celle qui suscite le moins de réactions de la part des adultes et des jeunes. Si l’intimidation homophobe est ignorée, cela lance le message à toutes les personnes concernées qu’il est acceptable de faire de la discrimination. Cela renforce également les sentiments de violence et de haine envers soi-même que de nombreuses jeunes victimes d’intimidation conservent jusqu’à l’âge adulte.

Les différentes formes d’intimidation :

Comment démystifier l’intimidation (les formes que peut pendre l’intimidation)

l’intimidation c’est

  • Lorsque tout le monde refuse de jouer avec toi, tous les jours, ou lorsque des jeunes refusent que tu t’asseyes près d’eux;
  • Quand quelqu’un te menace régulièrement de te frapper ou de s’en prendre à toi;
  • Lorsque quelqu’un raconte des ragots ou des mensonges à ton sujet dans l’intention de te faire passer pour un idiot;
  • Quand quelqu’un trouve une façon de te faire sentir « petit« , vulnérable et seul. Quand il prend plaisir à te faire de la peine et à avoir du pouvoir sur toi;
  • Quand les membres d’une « gang » te font régulièrement des mauvais coups et s’amusent à tes dépends.

l’intimidation ce n’est pas

  • Une blague à ton sujet, même si elle fait de la peine;
  • Un surnom moqueur que tes amis emploient pour te taquiner;
  • Une chicane ou une bagarre avec une autre personne;
  • Un ami qui n’a pas envie de faire des activités avec toi;
  • Quelqu’un qui a parlé dans ton dos un fois ou deux.

Sources

Action jeunesse Témiscouata, unis tous ensemble contre l’intimidation et la violence. [Page Web]. Consulté le 20 juin 2017 à http://www.zoneajt.ca/accueil/la-difference-entre-conflit-et-intimidation

Campbell, M. A., Spears, B., Slee, P., Butler, D. et Kift, S. (2012). Victims’ perceptions of traditional and cyberbullying, and the psychosocial correlates of their victimisation. Emotional and Behavioural Difficulties, 17, 389-401.

Children and Youth Services et Alberta Education. [Page Web]. Consulté le 20 juin 2017 à https://education.alberta.ca/pr%C3%A9vention-de-lintimidation/qu-est-ce-que-l-intimidation/everyone/les-documents/

Coloroso, B. (2008). The bully, the bullied and the bystander. From pre-school to high school: How parents and educators can help break the cycle of violence. New York, NY : HarperCollins.

Cross, D., Epstein, M., Hearn, L., Slee, P., Shaw, T. et Monks, H. (2011). National safe schools framework: Policy and practice to reduce bullying in Australian schools. International Journal of Behavioral Development, 35(5), 398-404.

Department for Children, Schools and Families. (2007). Homophobic bullying. Safe to learn: Embedding anti-bullying work in schools. Nottingham, R.-U. : Gouvernement du Royaume-Uni.

Doyon, N. (2011). Non à l’intimidation, J’apprends à m’affirmer. Québec : Éditions Midi trente.

Gagnon, R. (2015, 6 mai). Cyber intimidation et utilisation des réseaux sociaux au primaire. Pro-Jeunes en Action.

Institut de recherche en santé du Canada. (2012). Les statistiques de l’intimidation au Canada. [Page Web]. Consulté le 01 juin 2017 http://www.cihr-irsc.gc.ca/f/45838.html

Lake, V. (2004). Profile of an aggressor: Childhood bullies evolve into violent youths. Early Child Development and Care, 174, 527-537.

Lynch, E. (2004). Lasting damage. Nursing Standard, 45, 22.

Marini, Z. A. et Dane, A. (2008). Matching interventions to bullying subtypes: Ensuring programs to fit the multifaceted needs of children involved in bullying. Dans D. Pepler et W. Craig (dir.), Understanding and addressing bullying: An international perspective (pp. 97-126). Bloomington, IN : AuthorHouse.

Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport. (2010). L’intimidation, ça vaut le coup d’agir ensemble! [Page Web]. Consulté le 05 juin 2017 à http://www.mels.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/dpse/adaptation_serv_compl/FeuilletViolence_Intimidation.pdf

Rigby, K. (2003). Bullying in schools: Theory and practice. Canberra, Australie : Australian Institute of Criminology.

Rigby, K. (2008). Children and bullying: How parents and educators can reduce bullying at school. Malden, MA: Blackwell.

Warwick, I., Aggelton, P., et Douglas, N. (2001). Playing it safe: Addressing the emotional and physical health of lesbian and gay pupils in the UK. Journal of Adolescence, 24, 129-140